Viviane Villalon

Aujourd’hui, nombreux sont les artistes qui témoignent par des œuvres sombres ou violentes de leur implication douloureuse dans notre monde tourmenté.
Viviane Villalon ne vit pas hors de cet univers mais tout en elle l’incite à refuser l’expression d’une désespérance.
De ces régions où elle a vécu, est-ce le soleil doré méditerranéen, l’éclat du soleil africain, le soleil rose de la Vendée ou le soleil vermeil d’Espagne qui impriment leur lumière dans ses tableaux ? Peut-être. Mais cette lumière tant recherchée n’est-elle pas avant tout celle de son propre intérieur ?

Paysages, fleurs et enfants sont intimement liés dans cette œuvre poétique, chaude et aussi enthousiaste que paisible. Pour Viviane l’art est magique : “ Il suffit d’un petit dessin pour passer d’un monde de stress à un monde émouvant, paisible, harmonieux... ”

Et si, comme elle, nous prenions une feuille, un crayon et des couleurs ?

Jacques Savary

Quand on découvre dans une cave des centaines d’œuvres aussi riches, complexes et diverses, on peine à comprendre le silence qui s’est abattu, malgré la volonté de ses proches, sur les recherches plastiques de Jacques Savary.

Bien sûr il y a eu cet accident d’avion en août 1987, sa mort à 35 ans à l’aube d’une reconnaissance parisienne de l’importance capitale de son œuvre. Et depuis le silence ou presque sur un artiste dont les œuvres enfin reconnues auraient fait de lui un des pionniers de la Figuration libre, à l’égal des Di Rosa, Combas ou Keith Haring.

Et depuis, sommeille au fond d’une cave ou dans quelques collections privées, une œuvre complexe, totale, exigeante, éblouissante.
Recherche de la pureté géométrique, inlassable expéri- mentation de l’art gestuel et informel, transfiguration de serpillères ou de vêtements comme un hommage à Gaston Chaissac et débordement de couleur, d’ironie, de provocation salvatrice de ses derniers grands formats : le parcours de l’artiste est impressionnant.

Gageons que cet hommage qu’Echanges de Regards consacre à Jacques Savary soit la première étape de la reconnaissance d’une œuvre essentielle pour l’art contemporain.

Christine Poupeau

Mon œil...

...photographique guide mes choix de peintre et la peinture nourrit ma photographie...

Instants saisis, impressions visuelles nées de l’errance du regard sur le corps du sujet.

Une balade audacieuse sans filet, un prétexte magnifique à l’ivresse de la rétine que le peintre investit dans une tout autre temporalité...

Aller-retour entre 2 mondes : d’une toile à l’autre.

Écho d’images, dialogues d’écritures à la surface lisse, l’une respire, l’autre est glacée!

Voir
de lumières, contrastes.

et dire, entendre les mouvements silencieux d’ombres et Glissade d’un songe à l’autre...

Pedro De Leon

Très tôt à Valdivia, Pedro de Leon est passionné par la pratique de la peinture sous l’influence du maître aquarelliste Ricardo Andwandter qui vit et travaille à Valdivia. En 1970, il étudie la peinture à la Société nationale des beaux-arts à Santiago du Chili, sous la direction du peintre Adolfo Guerrero. Au cours des années 1970, le Chili vit une importante période de changements sociaux et politiques, auxquels Pedro De Leon s’intéresse en tant que jeune artiste. Il collabore à la promotion des Brigades de peintures murales, où il rencontre pour la première fois le peintre chilien Roberto Matta.

Pedro de Leon arrive à Paris en 1976 pour poursuivre ses études en peinture. En 1977, il entre à l’École nationale supérieure des beaux-arts, où il est attiré par l’atelier d’expression murale dirigé par le peintre Jean Bertholle, l’atelier de fresques dirigé par Albert Lenormand et l’atelier de techniques de la peinture dirigé par Nicolas Wacker. En 1982, il obtient le diplôme supérieur d’arts plastiques

sous la direction de Pierre Matthey.
Pedro de Leon a fait plusieurs séjours aux Pays-Bas, en Corée du Sud, au Japon, en Chine et en Italie.

Dominique Guillo

Il est des images oubliées, enfouies, à jamais reléguées. Aux souvenirs du passé, j’ai souhaité inspirer une nouvelle lecture de ces moments du passé.

Retrouver l’émotion des mariés, du communiant, des demoiselles d’honneur de l’enfance et des secrets de famille. A travers l’installation d’un nouveau processus de lecture, je mixte images réelles et images intérieures car il est ici des raisons d’exister, de croire, de vivre et d’aimer. Loin des concepts habituels de peinture, ces créations de figuration narrative laissent aux visiteurs de ces histoires une marge ouverte aux possibles.

Autoportraits fictifs, je mets en scène ma réflexion forcenée sur les relations humaines, le regard de soi et des autres.

Harold Gaillard

Choquante, inquiétante, angoissante mais aussi calme, apaisante, sereine, la peinture de Harold ne peut laisser indifférent.
Tache initiale qui se prolonge en traits stridents, gestes projetés violemment sur la toile mais aussi recherche d’équilibre dans une distribution très organisée des masses. Hymne à la couleur pure, à sa force expressive. Hymne à la liberté.

Liberté du créateur, dans l’expression de ses sentiments, de ses humeurs et de ses passions. Liberté des matériaux aussi, l’acrylique se noie dans la glycéro et inscrit sur tout support reliefs et coulures comme autant de pulsions incontrôlables.

Avec les œuvres d’Harold, vous pénétrez une des dimensions les plus importantes de l’art contemporain. Qu’on le nomme art informel, expressionnisme abstrait ou mouvement Gutaï, son ambition commune repose sur l’implication totale de l’artiste dans son œuvre.

Claude Francheteau

J'étais allongé sur le dos près du fleuve, les yeux plongés dans le bleu profond du ciel. A l'extrémité de mon champ de vision j'apercevais les toits et les cheminées des immeubles, perdus dans ce vaste espace et qui lui donnaient un sens.

Ce que je voyais pouvait être une voie à peindre.

Jo Denis

Jo Denis peint depuis que le destin a bouleversé sa vie.
Elle puise en ses croyances, elle jette sur la toile le plus beau de chacun de nous.
Le souvenir et la joie de l’instant rythment son expression singulière. Grande manipulatrice des apparences et des couleurs, elle nous livre le bonheur de ces petits quarts d’heure qui bâtissent les destinées.

Nathalie Maurat, Galerie ARTVISION :

Jo Denis construit une œuvre particulière pleine de couleurs et de gaieté. Comment parler de sa peinture, quand celle-ci est instinctive et émotionnelle ?
Elle traduit souvent un instant de vie ou un souvenir d’enfance.

La couleur est omniprésente et Jo Denis semble jouer avec elle et la placer ici ou là au gré de sa fantaisie et de ses humeurs.

Les fleurs, les arbres, les maisons, les gens, elle touche là, au cœur de la vie de tous les jours.

Luc Deneuil

Luc Denieul est passé du roman de geste aux gestes de Romain, du figuratif expressif détaillé à l’abstrait le plus épuré. Entre pli et poli, entre aéré et aérien, entre éthérée et

étirée, entre organique et orgasmique, entre animée et animiste, la sculpture de Luc Denieul est aujourd’hui harmonie des formes faites de creux sur lesquels il “ bosse ” ou de bosses autour desquelles il creuse, avec la même aisance, avec la même facilité, avec la même passion, que ce soit du calcaire ou du marbre. Il épure les contours, simplifie les formes et les volumes pour trouver un équilibre dans sa géométrie minérale. De la légèreté, de la sensualité et de la volupté transparaissent sur ses œuvres récentes qui nous entraînent dans le sillage de sa créativité et nous rendent captif de ses émotions.

Parfois qui sait ce qui nous passe en tête... l’envie de tout lâcher pour se laisser tomber dans son imaginaire et se raccrocher à un fragment de pierre qui me ressemble et nous rassemble autour de sculptures sorties tout droit de mes rêves.

Luc Denieul nous donne l’essentiel mais on ne le visualise pas immédiatement, trop pressé de chercher dans ses sculptures un sens ou une représentation alors qu’il suffit de “ tourner autour ”, de les regarder sous différents points de vue et d’observer les sentiments qu’elles font résonner en soi, de laisser venir toutes les idées qu’elles font jaillir. C’est la conjugaison de notre regard averti et de sa main experte qui donne à son œuvre majeure, une force et une dimension égale à son talent.